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mes zouaves, toujours accompagne du Crimeen. --Par ici! me cria Michel, qui chargeait et dechargeait son fusil. Je me retournai. Une balle qui me cherchait, la quatrieme, passa au ras de mes epaules et siffla; un grand soupir lui repondit. Michel venait de tomber sur les genoux et les mains. Il essaya de se relever; le poids du sac le fit retomber, et il resta immobile, le nez en terre. Je courus vers lui. Une mare de sang coulait autour de sa veste. Le pauvre garcon fit un effort pour retourner sa tete a demi et me dire adieu. Je vis la clarte s'eteindre dans ses yeux. Sa tete posee sur mes genoux, je le regardais. Une clameur de joie me tira de ma stupeur. Un groupe de zouaves plus heureux que nous avait reussi a renverser une porte mal barricadee; ils entraient pele-mele par cette breche. Je m'elancai de ce cote, la rage au coeur. Deja mes camarades couraient au plus epais des taillis, d'ou les Prussiens debusques s'echappaient a toutes jambes. Des balles en faisaient rouler dans l'herbe. Je sautai par-dessus leurs corps avec l'elan d'un animal sauvage; j'aurais voulu en tenir un au bout de ma baionnette. Les projectiles cassaient les branches autour de moi ou labouraient le sol; des hommes s'abattaient lourdement; d'autres, blesses, s'accroupissaient dans les creux. On criait, on s'appelait. Au milieu de ma course, un chevreuil affole par tout ce bruit se jeta presque dans mes jambes. L'instinct du chasseur l'emporta, et je le mis en joue. Un peu plus loin, un cri bien connu frappa mon oreille, et deux coqs faisans qui venaient de partir d'une cepee s'envolerent a tire-d'aile. Cette fois on chassait a l'homme; la battue etait plus sanglante. Quelques bonds nous amenerent a l'autre extremite du parc, au pied du mur que les Prussiens dans leur fuite venaient d'escalader. Aussitot on employa les sabres-baionnettes a desceller les pierres pour pratiquer contre eux les creneaux qu'ils nous avaient opposes sur le front d'attaque. Chaque trou recevait un fusil. Il pouvait etre alors onze heures a peu pres. Devant nous, La Bergerie soutenait un feu terrible; des balles par centaines volaient par-dessus notre tete et tombaient dans le parc. La Bergerie enlevee, la route de Versailles etait ouverte; il n'y avait plus qu'a descendre. Un fouillis d'hommes animes par l'ardeur de la lutte grouillait dans le parc,--de la ligne, de la mobile, de la garde nationale,--tous prets a s'elancer ou l'on voudrait. On m'a raconte que
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