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le grenier, cahin-caha. C'etait non pas une botte de paille qui m'y attendait, mais un matelas, le premier que j'apercevais depuis mon depart de Paris. Aucun produit de l'industrie ne pouvait me paraitre plus beau en un tel moment. Je m'etendis sur la toile rebondissante avec delices et tirai de ma poche cette pipe qui deja si souvent avait ete ma supreme consolation. La fumee s'envolait et le sommeil venait, je crois, quand la porte du grenier tourna sur ses vieux gonds rouilles. --Vous n'avez besoin de rien, messieurs? Ainsi parlait une jeune fille, qui venait de la part de la maitresse de la maison. Elle avait seize ou dix-sept ans, le sourire aimable, le regard doux, un air de candeur qui inspirait le respect. Chacun se leva un peu lentement. Ses yeux nous interrogeaient. --Mademoiselle, dis-je alors, si vous pouviez me procurer des bandes de toile, vous me rendriez un grand service. Je venais de poser mon pied malade sur le bord du matelas. Elle joignit les mains et d'un air de pitie: --Je vais appeler ma mere, reprit-elle, elle vous fera un pansement. Elle disparut avec la legerete d'un oiseau, et, deux minutes apres, madame L... etait aupres de moi, portant a la main un paquet de linge. --C'est donc vous qui etes blesse? me dit-elle en s'agenouillant sur le matelas. J'avais allonge ma jambe que je venais de baigner dans un baquet d'eau. Elle retint une exclamation. Puis d'un air de pitie, en preparant son linge: --Ah! le pauvre pied! dit-elle. Elle essuya une larme du bout de ses doigts, et se mit a me questionner avec une bonte qui me touchait. Tout en parlant, elle roulait des bandes autour de mon pied. Je l'aurais embrassee de bon coeur. --Vous n'avez pas dine? reprit-elle doucement. Je secouai la tete. --Eh bien! descendez avec moi, la table est assez grande pour vous recevoir tous. --Laissez-moi vous remercier et permettez-moi de refuser. --Pourquoi? --Et la discipline? et la hierarchie militaire? Il n'y a pas un pauvre galon de laine sur la manche de ma veste et vous voulez que je m'asseoie a cote des galons d'or. Jamais! Les officiers de zouaves qui me connaissent y consentiraient certainement,--il y a entre les hommes du regiment et dans le malheur commun qui nous frappe une sorte de camaraderie qui a fait presque le niveau,--mais vous avez chez vous des officiers d'artillerie et ceux-la trouveraient deplacee la presence d'un soldat a leur table. --Je n'insiste
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