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lia, riviere rapide et profonde, qui se jette dans
le Tanaro. Sur la droite, Joubert essaya de la passer; mais il faillit
se noyer sans y reussir. Sur le front, Serrurier voulut franchir le pont
Saint-Michel. Il y reussit; mais Colli le laissant engager, fondit sur
lui a l'improviste avec ses meilleures troupes, le refoula sur le pont,
et l'obligea a repasser la riviere en desordre. La position de
l'armee etait difficile. On avait sur les derrieres Beaulieu, qui
se reorganisait; il importait de venir a bout de Colli au plus tot.
Pourtant la position ne semblait pas pouvoir etre enlevee, si elle etait
bien defendue. Bonaparte ordonna une nouvelle attaque pour le lendemain.
Le 2 floreal (21 avril) on marchait sur la Cursaglia, lorsque l'on
trouva les ponts abandonnes. Colli n'avait fait la resistance de la
veille que pour ralentir la retraite. On le surprit en ligne a Mondovi.
Serrurier decida la victoire par la prise de la redoute principale,
celle de la Bicoque. Colli laissa trois mille morts ou prisonniers, et
continua a se retirer. Bonaparte arriva a Cherasco, place mal defendue,
mais importante par sa position au confluent de la Stura et du Tanaro,
et facile a armer avec l'artillerie prise a l'ennemi. Dans cette
position, Bonaparte etait a vingt lieues de Savone, son point de depart,
a dix lieues de Turin, a quinze d'Alexandrie.
La confusion regnait dans la cour de Turin. Le roi, qui etait fort
opiniatre, ne voulait pas ceder. Les ministres d'Angleterre et
d'Autriche l'obsedaient de leurs remontrances, l'engageaient a
s'enfermer dans Turin, a envoyer son armee au-dela du Po, et a imiter
ainsi les grands exemples de ses aieux. Ils l'effrayaient de l'influence
revolutionnaire que les Francais allaient exercer dans le Piemont; ils
demandaient pour Beaulieu les trois places de Tortone, Alexandrie et
Valence, afin qu'il put s'enfermer et se defendre dans le triangle
qu'elles forment au bord du Po. C'etait la ce qui repugnait le plus au
roi de Piemont. Donner ses trois premieres places a son ambitieux voisin
de la Lombardie lui etait insupportable. Le cardinal Costa le decida a
se jeter dans les bras des Francais. Il lui fit sentir l'impossibilite
de resister a un vainqueur si rapide, le danger de l'irriter par une
longue resistance, et de le pousser ainsi a revolutionner le Piemont;
tout cela pour servir une ambition etrangere et meme ennemie, celle
de l'Autriche. Le roi ceda, et fit faire des ouvertures par Colli
a Bona
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