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is mille cinq cents grenadiers, sa cavalerie et
vingt-quatre pieces de canon, descend le long du Po, et arrive le 18 au
matin a Plaisance, apres une marche de seize lieues et de trente-six
heures. La cavalerie avait saisi en route tous les bateaux qui se
trouvaient sur les bords du fleuve, et les avait amenes a Plaisance.
Elle avait pris beaucoup de fourrages, et la pharmacie de l'armee
autrichienne. Un bac transporte l'avant-garde commandee par le colonel
Lannes. Cet officier, a peine arrive a l'autre bord, fond avec ses
grenadiers sur quelques detachemens autrichiens, qui couraient sur la
rive gauche du Po, et les disperse. Le reste des grenadiers franchit
successivement le fleuve, et on commence a construire un pont pour le
passage de l'armee, qui avait recu l'ordre de descendre a son tour sur
Plaisance. Ainsi, par une feinte et une marche hardie, Bonaparte se
trouvait au-dela du Po, et avec l'avantage d'avoir tourne le Tesin. Si,
en effet, il eut passe plus haut, outre la difficulte de le faire en
presence de Beaulieu, il aurait donne contre le Tesin, et aurait eu
encore un passage a effectuer. Mais, a Plaisance, cet inconvenient
n'existait plus, car le Tesin est deja reuni au Po.
Le 18 mai, la division Liptai, avertie la premiere, s'etait portee a
Fombio, a une petite distance du Po, sur la route de Pizzighitone.
Bonaparte, ne voulant pas la laisser s'etablir dans une position ou
toute l'armee autrichienne allait se rallier, et ou il pouvait etre
ensuite oblige de recevoir la bataille avec le Po a dos, se hate de
combattre avec ce qu'il avait de forces sous la main. Il fond sur cette
division qui s'etait retranchee, la deloge apres une action sanglante,
et lui fait deux mille prisonniers. Le reste de la division, gagnant la
route de Pizzighitone, va s'enfermer dans cette place.
Le soir du meme jour, Beaulieu, averti du passage du Po a Plaisance,
arrivait au secours de la division Liptai. Il ignorait le desastre de
cette division; il donna dans les avant-postes francais, fut accueilli
chaudement et oblige de se replier en toute hate. Malheureusement le
brave general Laharpe, si utile a l'armee par son intelligence et sa
bravoure, fut tue par ses propres soldats, au milieu de l'obscurite de
la nuit. Toute l'armee regretta ce brave Suisse, que la tyrannie de
Berne avait conduit en France.
Le Po franchi, le Tesin tourne, Beaulieu battu et hors d'etat de tenir
la campagne, la route de Milan etait ouverte. Il etait
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