|
otise. Nous
avons rapporte plus haut que Henry W. a ete hypnotise par Patrick et ne se
rappelait pas au reveil les divers incidents de son sommeil; cet oubli au
reveil n'existe point pour Laton. Ce fait important, qui a ete decouvert,
croyons-nous, par Gurney, jette quelque jour sur la nature de ces
personnages qui s'expriment par l'ecriture automatique; il y a un
lien entre ces manifestations spirites de la veille, et les seances
d'hypnotisme, plus qu'un lien, une continuite, et c'est la memoire qui
prouve cette continuite. Patrick insiste aussi, avec raison, sur le
caractere vulgaire des reponses, sur la pauvrete d'imagination et de
raisonnement qu'elles nous montrent, sur le manque d'attention et d'effort,
Laton etant incapable meme de faire une operation correcte d'arithmetique;
autres faits curieux a relever, les pretentions de Laton, son ton
emphatique, ses efforts ridicules pour donner des reponses profondes, et
la grossierete de ses expressions quand on le taquine ou qu'on le met en
colere. Tout cela indique un pauvre esprit. Mais ce pauvre esprit parait
avoir de temps en temps un rudiment de belles et brillantes facultes
intuitives; il semble connaitre des choses que Henry W. ignore et n'a pu
apprendre. Patrick a etudie de pres ce cote de la question, il a fait des
enquetes pour verifier avec le plus grand soin les affirmations de Laton.
Le plus souvent, ces affirmations se sont trouvees erronees; mais parfois
il y a eu quelque chose qui semble depasser les moyens ordinaires
de connaissance. Patrick ne cherche point a expliquer cette faculte
d'intuition, mais il pense qu'on ne peut la nier completement, car on la
retrouve dans beaucoup d'observations analogues et elle est comme un trait
de caractere du personnage qui se manifeste par l'ecriture automatique.
L'opinion de Patrick parait etre que cette faculte d'intuition est une
faculte naturelle, perdue par l'homme civilise, comme cette acuite des sens
qu'on observe encore, parait-il, chez les sauvages. Enfin, cette obsession
qu'a eu le personnage subconscient de se considerer comme un esprit, comme
l'esprit d'un individu ayant vecu autrefois, comment faut-il la comprendre?
Il est a supposer que la maniere dont les questions ont ete posees explique
un peu ce resultat. On a demande: "Qui etes-vous?" ce qui suggere un
dedoublement de la personnalite car il est facile de comprendre que cette
demande appelait comme reponse un nom autre que celui de Henry W. La
questio
|