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t.
C'est un point qu'il me semble important de bien mettre en lumiere.
Souvent, nous entendons dire dans une affaire judiciaire qu'un temoin se
porte garant d'un certain fait, qu'il l'a vu, qu'il peut le certifier. Je
crois qu'il est utile avant d'apprecier la valeur du temoignage, de se
demander ceci: ce temoin a-t-il fait une declaration spontanee, ou bien
n'a-t-il fait de declaration que pour repondre a une question? Si cette
derniere alternative est exacte, il importe de connaitre la nature de la
question; elle forme avec la reponse un tout indivisible, puisqu'elle
exerce une si grande influence sur la reponse. Une reponse, si elle est
isolee de la question qui la provoque, presente une valeur douteuse.
J'ajouterai que les meilleurs temoignages sont ceux qui se donnent
spontanement, sans question precise, sans pression d'aucune sorte; nous
avons vu que dans le temoignage spontane les erreurs sont encore possibles,
mais leur nombre est moindre que dans l'interrogatoire. Si je voulais
savoir, par un enfant, la verite sur un evenement auquel cet enfant aurait
assiste, je ne lui poserais aucune question, mais je lui dirais d'ecrire
tout ce dont il se souvient, je prendrais meme note de la parole dont je me
servirais pour l'inviter a ecrire, et ensuite je le laisserais seul avec
son papier et sa plume, pour ne pas l'influencer. Il est probable que
les conditions de l'instruction judiciaire ne permettraient pas toujours
l'emploi de cette methode; mais si on ne l'emploie pas, si on a recours a
l'interrogatoire, il est de prime importance que le greffier, ou plutot
qu'un stenographe habile ecrive le texte meme des questions, avec toutes
les repetitions du langage parle: il faudrait meme noter les gestes et les
accentuations de l'interrogateur.
Notre tableau XV, qui ne contient que des chiffres, ne peut donner qu'une
idee bien grossiere des resultats d'une experience qui porte sur les
phenomenes de conscience les plus delicats. Pour serrer les faits de plus
pres, il faut tenir compte non seulement des erreurs commises, mais du
texte des reponses ecrites; ce texte peut reveler de petits details sur
l'etat mental des eleves.
Laissant de cote le 1er questionnaire, dans lequel il n'y a pas une
veritable suggestion, nous tiendrons compte seulement des reponses
provoquees par les questionnaires 2 et 3.
REPONSES ECRITES AU QUESTIONNAIRE 2.--On peut les repartir de la maniere
suivante: il y a d'abord les affirmations, provoquee
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