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rsa nos rangs. Des officiers francais lui faisaient escorte. Tous les yeux le suivaient; il portait le casque et la grande capote grise. C'etait un homme grand, maigre et blond. Ses yeux pales, couleur de faience, clignotaient sous ses lunettes d'or en nous regardant. Un trompette, qui le suivait d'un pas methodique, avait une longue figure blafarde sur laquelle deux enormes favoris rouges tracaient un arc de cercle. Il portait une sorte de bonnet a poil et l'uniforme rouge des hussards prussiens. Son rayon visuel, maintenu par la discipline, avait pour objectif les epaules de son colonel. L'attitude de celui-ci offrait un melange d'insolence et d'embarras. Il avait a peine fait une centaine de pas, lorsqu'un obus, parti des lignes prussiennes, vint tomber a dix metres de lui. Il eut un tressaillement, et se tournant vers ceux qui l'accompagnaient: --Messieurs, je vous demande mille pardons; c'est une impolitesse que nous faisons la. Nos batteries n'ont certainement pas vu le drapeau blanc... C'est incroyable! Cette "impolitesse, comme disait le colonel prussien, avait coute la vie a deux pauvres diables, et, comme on les emportait sur quatre fusils: --Ah! mille pardons! repeta-t-il tout en continuant sa route. Un peu moins d'obus et un peu plus de silence eussent mieux fait l'affaire de Sedan. Les projectiles y tombaient toujours, tuant, blessant, effondrant. Le drapeau blanc hisse sur le rempart ne mettait point de terme a l'attaque, et n'empechait que la defense. Cependant, vers six heures du soir, le feu se ralentit, et, petit a petit, il s'eteignit. Un silence morne, plein de bourdonnements et de rumeurs tristes, s'abattit sur la ville. On nous avait defendu de remonter sur les remparts. Malgre cette interdiction formelle, les soldats s'y pressaient. L'un d'eux, dans une minute d'exasperation, lacha un coup de fusil. Des hurlements feroces lui repondirent. Nos officiers accoururent. Un capitaine se devoua, et, pour eviter une rixe imminente, se rendit aupres d'un colonel prussien qui avait le commandement hors des murs, et lui porta des excuses. Le pont-levis aupres duquel j'avais brule mes premieres cartouches etait reste abaisse. Deux sentinelles francaises se promenaient sous la voute, et deux sentinelles prussiennes leur faisaient vis-a-vis sur le revers du fosse. Je ne savais que faire. J'allais de long en large, quelquefois seul, quelquefois avec un camarade. On echangeait quelques mots au passage. L
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