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nnais, que j'aime beaucoup, s'est faite
devote, oh! mais, devote extatique, mystique, moliniste, que sais-je?
Je suis sortie de ma gangue, j'ai tempete, je lui ai dit les choses les
plus dures, je me suis moquee. Rien n'y fait, ca lui est bien egal. Le
Pere *** remplace pour elle toute amitie, toute estime; comprend-on
cela? un tres noble esprit, une vraie intelligence; un digne caractere!
et voila! T*** est devote aussi, mais sans etre changee; elle n'aime pas
les pretres, elle ne croit pas au diable, c'est une heretique sans le
savoir. Maurice et Lina sont furieux contre _l'autre_ Ils ne l'aiment
plus du tout. Moi, ca me fait beaucoup de peine de ne plus l'aimer.
Nous t'aimons, nous t'embrassons.
Je te remercie de venir a _Cadio_.
DCLXXIX
A MAURICE SAND, A NOHANT
Paris, septembre 1868.
On te demande _vite_ quelques costumes militaires de 1793-1794,
pittoresques et sans grande recherche d'exactitude, mais dans la
couleur. Il s'agit d'habiller le gros Deshayes (_Jean Bonnin_[1]). Il
represente notre ancien capitaine Martin, capitaine de Mayencais au
commencement et pauvre comme Job, arrivant de Mayence, avec Motus, non
moins delabre.
Melingue se charge de Motus et de lui, Cadio. Mais Deshayes ne sait rien
trouver. Il faudrait lui adapter une sorte de Raffet de fantaisie, qui
ne dessinat ni ses jambes ni son corps.
A la seconde apparition dans la piece, en 1795, il est colonel, noir
plus de Mayencais qui n'existent plus, mais d'un regiment de cavalerie
quelconque que l'on ne designe pas, et que tu choisiras a ton idee;
pas de cuirasse si c'est possible, et pas de casque. Il ne saurait pas
porter ca. Vois ce que tu peux nous donner. Si on le laisse s'habiller,
il sera, peut-etre absurde; tire-nous d'embarras.
Dans ce theatre, qui se recree pour ainsi dire, il n'y a pas d'artiste
attitre et capable, pour ces costumes qui, en somme, seront de
fantaisie, vu la penurie de l'epoque, mais qui doivent rentrer dans la
couleur vraie. Envoie vite. Je vas bien. Je travaille sans debrider.
Je _bige_ tout mon cher monde et ma Lolo. Je trouve le temps de corriger
les epreuves, trouve celui de m'envoyer deux ou trois croquis.
[1] Role cree par lui dans _Francois le Champi_.
DCLXXX
A M. GUSTAVE FLAUBERT, A CROISSET
Paris, fin septembre 1868.
Cher ami,
C'est pour samedi prochain, 3 octobre. Je suis au theatre tous les jours
d
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