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x, fleuri, feuille comme-je ne l'ai
jamais vu; recolte de foins splendide chez nous, mauvaise ailleurs. Pas
de fruits, ca fera l'affaire de Magny.
On t'attend pour ma fete et on en saute de joie; je leur ai conte
l'affaire de ton voyage nocturne a Palaiseau et ils en ont ete tout
attendris. Donne-nous de tes nouvelles et viens le plus tot que tu
pourras. J'ai beau etre au milieu de ce que j'ai de plus cher au monde,
ta bonne figure me manque, et il ne me semble plus que je sois au
complet sans toi. A bientot, donc, n'est-ce pas?
G. SAND.
DCC
AU MEME
Nohant, 15 aout 1869.
Mon cher enfant,
Qu'est-ce que tu deviens? Il y a plusieurs jours que tu n'as donne de
tes nouvelles.
Ici, on va toujours bien et on t'aime. Dis-nous si tes affaires vont a
souhait, si tu t'amuses et si tu nous aimes toujours.
G. SAND.
P.-S.--Moi, j'ai repris mon herbier, de fond en comble. Quel travail!
Il y a huit jours que j'y suis plongee du matin au soir. J'ai pris pour
domestique mon eleve le clairon des pompiers. Je lui ai demande s'il
etait propre.
--Tres propre, madame; personne n'est aussi propre que moi.
--Es-tu intelligent?
--Tres intelligent, madame; personne n'est aussi intelligent que moi.
--Et raisonnable?
--Tres raisonnable, madame; personne, etc.
Il a repondu ainsi a toutes les questions; j'ai fini par lui demander
s'il etait modeste.
--Tres modeste, madame; personne n'est plus modeste que moi.
Voyant qu'il avait toutes les perfections, je l'ai pris pour laver
Fadet, et il fait les choses avec tant de conscience, qu'il se met dans
la fosse avec lui jusqu'au menton. C'est un vrai Jocrisse, mais si bon
garcon et si zele, que nous le garderons. Je lui ai appris la musique
l'annee derniere; je vais lui apprendre a lire.
DCCI
A MAURICE SAND, A NOHANT
Sainte-Monehouhl, 18 septembre 1869.
Bonne sante et bon voyage! J'ai vu Reims, la cathedrale; la Champagne
pouilleuse, tres laide; les bords de l'Aisne, charmants! Nous avons tres
bien dormi dans le pays des pieds de cochon et joue aux dominos en wagon
toute la journee d'hier, premiere de notre voyage.
En ce moment, Adam visite le champ de bataille de Valmy, qu'il a etudie
avec soin (la bataille, dans l'histoire, et, dans _Andre Bauvray_, la
campagne).
Apres dejeuner, nous partons en caleche, pour les defiles de l'Argonne
et nous coucherons a Verdun. Il fait un t
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