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s-vous. Il y en a plusieurs, en effet. --Il y a deux branches principales, repondit Serge Ladko. L'une, au Nord, celle de Kilia; l'autre, plus au Sud, celle de Sulina. Cette derniere est la plus importante. --Cela ne peut-il etre pour nous une cause d'erreur? s'enquit Karl Dragoch. --Non, affirma le pilote. Des gens qui se cachent ne passent pas par Sulina. Nous prendrons le bras du Nord. Karl Dragoch ne fut qu'a demi rassure par cette reponse. Pendant que l'on suivrait une route, la bande pouvait parfaitement s'echapper par l'autre. Mais que faire contre cette eventualite, sinon s'en remettre a la chance, puisqu'on ne possedait pas le moyen de surveiller a la fois toutes les bouches du fleuve? Comme s'il eut devine sa pensee, Serge Ladko completa son explication de cette maniere rassurante: --D'ailleurs, au dela de la bouche de Kilia, il existe une anse, dans laquelle un chaland peut proceder a un transbordement. Par la bouche de Sulina, il lui faudrait au contraire decharger dans le port de ce nom, qui est situe au bord meme de la mer. Quant au bras Saint-Georges, qui coule plus au Sud, il est a peine navigable, bien qu'il soit le plus important au point de vue de la largeur. Aucune erreur n'est donc a craindre." Dans la matinee du 14 octobre, le quatrieme jour apres le depart de Roustchouk, la barge parvint enfin au delta du Danube. Laissant sur la droite le bras de Sulina, elle s'engagea franchement dans celui de Kilia. A midi, on passait devant Ismail, derniere ville de quelque importance que l'on dut rencontrer. Des les premieres heures du lendemain, on deboucherait dans la mer Noire. Aurait-on rejoint auparavant le chaland de Striga? Rien n'autorisait a le croire. Depuis qu'on avait abandonne le bras principal, la solitude du fleuve etait devenue complete. Si loin que s'etendit le regard, plus une voile, plus un panache de fumee. Karl Dragoch etait devore d'inquietude. Quant a Serge Ladko, s'il etait inquiet, il n'en laissait rien paraitre. Toujours courbe sur l'aviron, il poussait inlassablement la barge de l'avant, attentif a suivre le chenal que seule une longue pratique lui permettait de reconnaitre entre les rives basses et marecageuses. Son courage obstine devait avoir sa recompense. Dans l'apres-midi de ce meme jour, vers cinq heures, un chaland apparut enfin, mouille a une douzaine de kilometres au-dessous de la ville forte de Kilia. Serge Ladko, arretant le mouvement de son aviron,
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