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taillons, s'efforcaient d'enseigner a leurs hommes l'exercice qu'ils ne savaient pas. On voyait bon nombre de compagnies ou, les fusils a tabatiere manquant, on s'exercait avec des batons. Les mobiles qui n'avaient que leur paye vivaient de l'ordinaire du soldat. Quant aux fils de famille, ils se reunissaient au Petit-Mourmelon, ou l'on trouvait un peu de tout, depuis des pates de foie gras et du vin de Champagne pour les gourmets jusqu'a des cuvettes pour les delicats. Je devais une visite au Petit-Mourmelon; la regnait le tapage en permanence. Qu'on se figure une longue rue dont les bas cotes offraient une serie interminable de cabarets, de guinguettes, d'hotels garnis, de boutiques louches, de magasins borgnes, de cafes et de restaurants, entre lesquels s'agitait incessamment une cohue de kepis et de tuniques, de pantalons rouges et de galons d'or. On y faisait tous les commerces, la traite des montres et l'escompte des lettres de change. Ca et la, on jouait la comedie; dans d'autres coins, on dansait. Ce Petit-Mourmelon, qui etait dans le camp comme une verrue, n'a pas peu contribue a entretenir et a developper l'indiscipline. On y prenait des lecons de dissipation et d'ivrognerie. On s'entretenait encore a l'ombre de ces etablissements interlopes de l'accueil insolent que les bataillons de Paris avaient fait a un marechal de France. Des ames de gavroches s'en faisaient un sujet de gloire. Peut-etre aurait-il fallu qu'une main de fer pliat ces caracteres qu'on avait eleves dans le culte de l'insubordination; on eut le tort de croire que l'indulgence porterait de meilleurs fruits. Un coeur un peu bien place et sur lequel pesait le sang repandu a Reichshoffen devait etre bien vite degoute de cette platitude et de ces criailleries. Parmi les jeunes gens que j'avais connus a Paris, et qui faisaient comme moi leur apprentissage du metier des armes, beaucoup ne se genaient pas pour manifester leurs sentiments d'indignation et souffraient de leur inutilite. L'uniforme que je portais devenait lourd a mes epaules. Sur ces entrefaites, j'entendis parler du 3e zouaves, dont les debris ralliaient le camp de Chalons. Le colonel, M. Alfred Bocher, se trouvait parmi les epaves du plus brave des regiments. Je l'avais connu dans mon enfance, mon parti fut pris sur-le-champ. Il ne s'agissait plus que de decouvrir le 3e zouaves et son colonel. Quiconque n'a pas vu le plateau de Chalons peut croire que la decouverte d'un regiment
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