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porter.
[1] Sobriquet donne a Maurice Sand a cause de ses charges sur les
sergents et caporaux.]
DCCXXXV
A M. EMILE DE GIRARDIN, A PARIS
Nohant, 3 juillet 1870.
Cher ami,
Voici ce que je lis dans le _New-York Evening Post_, a la suite d'une
critique de mon dernier roman. Je traduis en supprimant les noms
propres:
"Quant a la question relative au caractere qui a servi a l'auteur de
_Malgre tout_, elle est de celles qui ne souffrent pas de discussion
pour quiconque sait sur quels principes repose la construction d'une
oeuvre d'art. George Sand est un artiste: or il n'est point artiste, il
est un vulgaire ecrivain de lieux communs, celui qui photographie les
personnages vivants dans une fiction. Que la prodigieuse carriere de
telle ou telle individualite historique ait pu frapper l'esprit
de George Sand, au moment ou elle peignait les aspirations d'une
aventuriere ambitieuse, cela ne prouve pas qu'elle ait voulu peindre
aucune figure de la vie reelle, ni qu'elle ait songe a jeter aucune
lumiere sur les faits qui la concernent."
Je trouve ces reflexions justes et de bon gout, et je suis tres etonnee
de lire dans _la Liberte_ une interpretation arbitraire des intentions
que j'ai pu avoir.
Je vis si loin du mouvement quotidien, que je ne sais pas quel nom
propre couvre le pseudonyme de _Panoples_. C'est un homme ou une
femme de talent; comment peut-il ou peut-elle faire cet affront a la
litterature: assimiler la tache de l'artiste a celle du pamphletaire
honteux? Si j'avais voulu peindre une figure historique, je l'aurais
nommee. Ne la nommant pas, je n'ai pas voulu la designer; ne la
connaissant pas, je n'aurais pu la peindre. S'il y a ressemblance
fortuite, je l'ignore, mais je ne le crois pas. Tout personnage
d'invention est plus fort et plus logique que nature, dans le bien ou
dans le mal. On peut tracer la figure d'une classe d'ambitieuses qui ont
echoue et qui ont reussi dans leurs projets, sans avoir aucune figure en
vue, et je crois qu'il vaut beaucoup mieux pour l'artiste qu'il en soit
ainsi. Vous savez tout cela aussi bien que moi. Vous etes du batiment.
_Panoples_ trahit donc la fraternite maconnique litteraire, en parlant
comme il le fait.
A vous de coeur,
G. SAND.
J'ai eu envie de repondre; mais je crois qu'il vaut mieux laisser tomber
cela que d'en occuper le public.
DCCXXXVI
A M. LE DOCTEUR HENRI FAVRE, A PARIS
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