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s un si bon compagnon. Que deviendras-tu
sans moi?...
Le chien avait ecoute gravement.
Et sans doute, bien que le discours de son maitre fut termine, il
continua a ecouter ce que le chevalier pouvait se dire a lui-meme, car
ses yeux ne quitterent pas les yeux du jeune homme, et le chien finit
par pousser une plainte sourde.
--Pipeau! fit a ce moment le vieux Pardaillan qui entrebailla la porte.
Le chien interrogea le chevalier, qui dit:
--Va.
--Je vais a la Deviniere, puisque tu as des scrupules en ce qui regarde
maitre Landry, reprit le routier.
--Je vous accompagne, mon pere.
--Non pas, mort diable! Le chien me suffira en cas d'attaque. Il pourra
aussi me servir de courrier. Mais toi, ne bouge pas d'ici."
Le chevalier fit un geste d'acquiescement, et Pardaillan pere s'eloigna,
suivi du chien, heureux d'entreprendre seul la besogne d'exploration
qu'il avait meditee. Car, sous pretexte d'aller a la Deviniere payer les
dettes de son fils, le routier voulait surtout s'assurer que l'hotel
n'etait pas surveille, qu'ils n'avaient pas ete suivis, enfin, que le
chevalier etait en surete parfaite.
"Une fois a Montmorency, songeait-il, je le deciderai a me suivre, et du
diable si je n'arrive pas a lui faire oublier toutes les Loise du monde.
A son age, j'eusse enleve la petite, voila tout. D'ailleurs, qui sait si
ma ruse ne va pas arranger les choses? C'est un tour de vieille guerre.
Allons, Pipeau, saute sur ton maitre!"
Pardaillan tendit son bras et le chien sauta, avec un aboi sonore.
A quelle ruse? A quel tour faisait-il allusion?
Pour le moment, suivons le vieux routier dans son exploration. Il
parcourut les rues avoisinantes et ayant constate que tout paraissait
parfaitement tranquille, n'ayant rien vu de suspect, descendit jusqu'au
bac pour traverser la Seine.
Alors, il gagna la rue Saint-Denis et parvint a la Deviniere en se
promettant bien de pousser jusqu'au cabaret de Catho par la meme
occasion.
Maitre Landry vit arriver Pardaillan avec un certain etonnement melange
de crainte et d'esperance.
"Qui sait si cette fois enfin je ne serai pas paye?" murmura le digne
aubergiste.
--Maitre Landry, dit Pardaillan, je viens payer mes dettes et celles de
mon fils, car nous allons quitter Paris.
--Ah! monsieur, quel malheur! s'ecria Landry.
--Que voulez-vous, mon cher monsieur Gregoire, nous nous retirons apres
fortune faite.
L'aubergiste ouvrit des yeux enormes.
--Mais je ne vois
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